L’incendie de l’hospice Sainte-Cunégonde

Un reportage de la British Pathé

L’incendie de l’hospice Sainte-Cunégonde survenu le 15 juin 1951 a fait l’objet d’un court film de la British Pathé

Inauguré en 1896, l’hospice de Sainte-Cunégonde était dirigé par les Sœurs Grises. Le grand bâtiment en pierre grise situé à l’angle de l’avenue Atwater et de de la rue Albert, l’actuelle avenue Lionel-Groulx, servit pendant plus de cinquante ans, à la fois d’orphelinat et d’hospice pour personnes âgées.

Il fut ravagé le 15 juin 1951 par un incendie qui s’était déclaré en fin de matinée dans la cage d’ascenseur. Le brasier fit 45 victimes. Parmi elles, se trouvaient la supérieure de l’établissement, Sœur Rita Gervais, Sœur Antoinette Chauvin, sacristine,  ainsi que des personnes âgées qui vivaient aux étages supérieurs. Grâce à  l’intervention des religieuses,  les 175 enfants que l’hospice accueillait ont tous pu être sauvés.

Le 19 juin 1951, un service fut célébré à la mémoire des victimes à l’église Notre-Dame par l’archevêque de Montréal, Mgr Paul-Émile Léger.

La Patrie, 16 juin 1951

Journal La Patrie 16 juin 1951

La Patrie 16 juin 1951

«La communauté des Sœurs Grises pleure ce matin la mort tragique de deux de ses filles et d’un nombre encore indéterminé de ses protégés des deux sexes. L’hécatombe se produisit hier, dans la destruction par les flammes de l’asile Sainte-Cunégonde, situé à l’angle des rues Atwater et Albert dans le quartier Saint-Henri.

Vers 11h30, vendredi matin, l’aumônier de l’institution, M. l’abbé P.-M. Séguin était à prier à la chapelle quand un vieux pensionnaire, M. Fortunat Taillefer, cria : «Le feu est dans l’ascenseur.» Le prêtre sonna immédiatement l’alarme. Quand il voulut réintégrer la chapelle, les flammes et la fumée lui barraient déjà la route. Les flammes devaient, en quelques minutes, transformer le vieil immeuble en brasier ardent.

Vingt minutes plus tard, une troisième alarme canalisait vers la scène du désastre tous les pompiers, toutes les voitures disponibles du Service des Incendies de Montréal, le chef Raymond Paré assumant lui-même la direction des opérations de sauvetage.

Vieillards, femmes et enfants, talonnés par les flammes, furent dirigées vers les sorties de l’immeuble. On ne peut raconter ici, dans les moindres détails, les actes d’héroïsme accomplis par le personnel de l’hospice, par les sapeurs mandés sur les lieux, les policiers et quelques civils bénévoles.

Et pendant des heures et des heures, les flammes se propagèrent avec rage dans tous les coins de l’immeuble, attirant sur les lieux des milliers de curieux dont la présence compliquera d’autant la tâche des combattants. La circulation fut paralysée dans le quartier s’étendant de la rue Dominion à la Place Saint-Henri, de la rue Notre-Dame à la rue Saint-Antoine. Vendredi soir, alors qu’il ne restait sur les lieux que quelques pompiers, occupés surtout à rechercher les cadavres que l’on croit encore ensevelis dans les ruines, les rues voisines étaient noires de monde, d’automobiles : on vint de tous les quartiers de la ville, de tout le district avoisinant.

La longue et pénible tâche de l’identification des corps des 26 pensionnaires brûlés dans l’incendie de l’asile Sainte-Cunégonde se poursuit lentement à la morgue alors que les parents et les officiels de l’institution défilent devant les restes calcinés des malheureuses victimes de ce tragique sinistre.

Tandis que des scènes déchirantes se déroulent devant les dalles de la morgue, d’autres non moins émouvantes se produisent dans nombre de foyers qui, pendant plusieurs heures, ont été déchirés par l’angoisse à la nouvelles de cette hécatombe. Une mère qui presse sur elle son enfant qui vient d’échapper à la mort; un fils, une fille qui accueille sous son toit un vieillard qu’il a cherché pendant des heures parmi la foule des curieux et qu’il retrouve sain et sauf après avoir failli connaître le sort réservé à une quarantaine d’autres pensionnaires de l’hospice.»

La Patrie, édition du samedi 16 juin 1951, première page et p. 21

Sources

  • Le Devoir, 15 juin 1951, p.1, 16 juin 1951, p.1 et 17 juin 1951, p.1.
  • La Patrie, 16 juin 1951, première page, pp. 21, 22 et 23. Adresse URL.
  • It Wasn’t a Fire Drill. Life, 29 juin 1951, p.34. Adresse URL.
  • 38 Trapped in Montreal Fire. Un film de la British Pathé, 25 juin 1951. Adresse URL.
  • Le portail des pompiers de Montréal. Adresse URL.
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2 Commentaires

Classé dans Arrondissement du Sud-Ouest, av Atwater, av Lionel-Groulx, Congrégations religieuses, rue Albert, Sainte-Cunégonde

2 réponses à “L’incendie de l’hospice Sainte-Cunégonde

  1. Yves Desgent

    L’incendie est survenu le 15 juin et non le 16 tel qu’on lit dans la légende sous le document Pathé. Le Devoir le raporte le jour même et La Patrie le lendemain. Ce document est émouvant! Je revenais de chez ma grand-mère qui habitait rue Albert. J’avais 4 ans et cette tragédie demeure un des souvenirs les plus vifs de mon enfance.
    Yves Desgent

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