Les Massicotte de Sainte-Cunégonde: Édouard-Zotique Massicotte

Édouard-Zotique Massicotte. Archives de l'Université de Montréal.

C’est en ces termes qu’Édouard-Zotique Massicotte se décrivait dans le numéro du 6 juin 1891 de la revue Le Monde Illustré.

« E. Z . Massicotte – Taille moyenne, gros, gras, à la barbe inculte. Apparence sémitique. A des traits de ressemblance avec Zola et Richepin.

Caractère étrange, tour à tour pensif, joyeux, sarcastique ou sérieux. A été reporter, comptable, acteur, déclamateur, rédacteur, bouquineur et amoureux. Est actuellement collectionneur, critique, nouvelliste, antiquaire, numismate, biographe, historien, poète, réaliste, décadent. A lu tous les auteurs, a étudié tous les genres et les a tous essayés. On remarque chez lui la passion de la phrase sonore et ciselée. Un ami l’a défini : «Une antithèse vivante, visant l’originalité».

Signes particuliers : Radical, pessimiste, optimiste, optimiste, panthéiste, déiste, catholique et éclectique. Ne refuse pas la louange. »

Le Monde illustré. Édition du 6 juin 1891, p. 83.

Un homme aux multiples talents

Édouard-Zotique Massicotte  est né à Montréal le 24 décembre 1867, de l’union d’Édouard Massicotte et d’Adèle Bertrand.

Il épousa à Trois-Rivières Marie-Alice Godin le 23 octobre 1899. Ils eurent deux enfants, Jean-Maurice, professeur de dessin et Suzanne, épouse de Me Robert Trudel, avocat.

Son nom est intiment lié à celui de Sainte-Cunégonde, où il vécut presque toute sa vie. Son père y a tenu commerce pendant 41 ans, rue Notre-Dame ouest. Il en a écrit l’histoire dans un ouvrage intitulé, La cité de Sainte-Cunégonde de Montréal – notes et souvenirs.

Doué d’un esprit laborieux et méthodique, il aimait chercher, analyser et reconstituer. Il amassera entre 1870 et 1920 une collection de 6000 photographies et illustrations qui a été léguée à la Bibliothèque nationale du Québec. On peut consulter cette collection qui se présente sous la forme d’albums au nom des rues de Montréal sur le site web de la BAnQ.

Édouard-Zotique Massicotte était un homme au multiples talents. Il aura été au cours de sa vie, journaliste, avocat , archiviste, héraldiste, folkloriste, paléographe, botaniste., généalogiste, archéologue, poète et historien.

Il s’est aussi lancé dans une carrière d’artiste dramatique entre 1885 et 1892.

Journaliste, écrivain et historien

L’écriture et l’histoire occupèrent une très grande place dans sa vie. Il collabora pendant plusieurs années avec son frère Edmond-Joseph, un illustrateur.

On lui doit quelques 60 articles, 120 essais poétiques, une dizaine d’études critiques, des monographies et de nombreux articles de journaux qui furent publiées dans diverses publications entre 1885 et 1947.

Il fut le premier canadien qui ait osé prôner la poésie décadente et se livrer ici à la culture de ce genre fin de siècle. Il publia des poèmes inspirés de Verlaine et de Mallarmé dans L’Écho des jeunes, une revue littéraire d’avant-garde publiée à Sainte-Cunégonde et dans le Recueil Littéraire, un périodique qu’il avait fondé avec Victor Grenier.

Sa carrière de journaliste débuta à l’Étendard en 1886. On lui confia la direction du Monde Illustré en 1898.  De là, il passera à la direction du Samedi.

Il était passionné par l’histoire du Canada et plus particulièrement de l’histoire de Montréal. Il poursuivra d’ailleurs toute sa vie son œuvre d’historien. Il publia régulièrement des articles dans Les cahiers des Dix.

Archiviste

En 1911, il est nommé responsable des Archives judiciaires de Montréal, devenues aujourd’hui les Archives nationales du Québec à Montréal. Il occupera cette fonction pendant 35 années.

C’est là qu’il sut donner le meilleur de lui-même par son talent d’organisateur méthodique et précis. Il s’employa à inventorier et classer les archives conservées au Palais de justice depuis 1642 et qu’il rendra accessibles aux chercheurs.

E.-Z. Massicotte aux Archives judiciaires de Montréal

E.-Z. Massicotte aux Archives judiciaires de Montréal. BAnQ

Il fut membre de l’École littéraire de Montréal,  de la Société de folklore de la province de Québec, de la Société historique de Montréal, de la Société d’archéologie et de numismatique, de la Commission des monuments historiques du Québec, de la Société royale et de la Société des Dix.

Cet homme réservé recueillit la plupart des honneurs que ses contemporains pouvaient lui décerner.

Il fut entre autres reçu Docteur ès lettres (honoris causa) de L’Université de Montréal en 1936 avec ses grands amis Aegidius Fauteux et J.-B. Lagacé. On lui attribua la même année la médaille de la Société historique pour l’ensemble de son œuvre. La Société royale lui décerna la médaille Tyrell, sa distinction la plus convoitée.

Édouard-Zotique Massicotte est décédé subitement à son domicile, rue Coursol, le samedi matin 8 novembre 1947, à l’âge de 79 ans. Toute la presse montréalaise fut unanime à rendre hommage à son œuvre et à sa mémoire. Il fut inhumé au cimetière Notre-Dame-des-Neiges.

La rue Massicotte

À ma connaissance, seule une rue du quartier Mercier-Hochelaga-Maisonneuve souligne l’apport exceptionnel d’Édouard-Zotique Massicotte à la société québécoise. Allez savoir pourquoi.

La rue Massicotte honore à la fois sa mémoire et celle de son frère Edmond-Joseph.

Sources

  • Jean-Jacques Lefebvre. Ancêtres et contemporains (1670-1970).  Éditions Guérin, Montréal. 1979. p. 107 à 112. Disponible à la Grande Bibliothèque. Adresse URL.
  • Notice biographique. Fonds Édouard-Zotique Massicotte. Site web de la BAnQ. Page consultée le 17 avril 2011. Adresse URL.
  • Joseph Genest. Article paru dans le Monde illustré, vol 11, no 524, p 29 (19 mai 1894). Adresse URL.
  • Trois docteurs : E.-Z. Massicotte,… Aegidius Fauteux,… J.-B. Lagacé,… / Victor Morin,… 1936. Disponible à la Grande Bibliothèque. Adresse URL.
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3 Commentaires

Classé dans Arrondissement du Sud-Ouest, Petite-Bourgogne, rue Coursol, Sainte-Cunégonde

3 réponses à “Les Massicotte de Sainte-Cunégonde: Édouard-Zotique Massicotte

  1. Eve

    Très intéressant!

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