Le joyau de Sainte-Cunégonde

Film Tranquilement pas vite. Guy L. Côté, 1972. ONFLe débat sur l’utilisation des églises au Québec ne date pas d’hier. Il en était déjà question au début des années 1970.

Un film de l’ONF, Tranquillement, pas vite, réalisé par Guy L. Côté en 1972 en fait la démonstration de manière éloquente. Il nous fait part des réflexions des fidèles de plusieurs paroisses de Montréal, dont ceux de la paroisse Sainte-Cunégonde. Le nombre de fidèles ayant grandement diminué depuis la révolution tranquille, il était nécessaire d’amorcer une réflexion sur l’avenir de leur église. Le film en est le témoin.

Malgré des rénovations majeures entreprises en 1984 sous la direction de l’architecte Claude Beaulieu, l’église sera quand même fermée au début des années 2000. On lui chercha alors une nouvelle utilisation. La rumeur veut qu’on ait même songé à en faire un studio d’enregistrement.

La communauté catholique coréenne l’ayant reprise il y a quelques années, elle a pû à nouveau être utilisée par une assemblée de fidèles. Elle s’appelle maintenant l’église des Saints-Martyrs Coréens.

Histoire de l’église Sainte-Cunégonde.

Ce joyau de l’architecture montréalaise se trouve dans le quartier de la Petite-Bourgogne au 2461 rue Saint-Jacques, à l’angle de la rue Vinet. L’église érigée en 1905 et 1906 selon les plans de l’architecte Jean-Omer Marchand, portait le nom de Sainte-Cunégonde. Elle remplaçait une première église détruite par le feu en 1904.

Église et paroisse Ste-Cunégonde. BAnQ. Albums de rue E.-Z. Massicotte.

La façade de l’église est majestueuse. Un portail monumental encadre l’entrée principale. Deux clochers identiques, de type pavillon et une vaste rosace complètent l’ensemble.

L’intérieur, décoré à la manière de l’École des Beaux-Arts de Paris, est de style néo-baroque. Un des plus beaux tableaux du peintre Georges Delfosse (1869-1939), l’Apothéose de Sainte-Cunégonde orne la voûte. Celle-ci, haute de près de 30 mètres, est dépourvue de colonnes. Une série de très hautes fenêtres décorées de vitraux fait le tour de la nef. Tout à fait dans l’esprit  de l’illusionnisme théâtral du baroque, l’intérieur de l’église est remarquable.

La chaire et les fonds baptismaux sont l’oeuvre d’Elzéar Soucy (1876-1970), sculpteur formé par Arthur Vincent au Conseil des arts et manufactures de Montréal. Il est à noter qu’Arthur Vincent façonna la statue de Jacques Cartier du square Saint-Henri, de même que celle de Pierre-Lemoyne d’Iberville installée devant l’église, square d’Iberville,.

Un orgue Casavant de 56 jeux a été installé en 1914. Ayant été gravement endommagé par l’eau au cours des années, il n’est malheureusement plus jouable.

Le 20 septembre, jour des Saints Martyrs de Corée.

Chaque année, le 20 septembre, l’Église catholique vénère la mémoire des 103 Martyrs coréens.

Les 103 Martyrs Coréens. Image tirée du site web Catholic Bishops' Conference of Korea

«Saint André Kim Taegon fut le premier prêtre coréen, et le premier prêtre martyr durant les quatre grandes vagues de persécutions qui se succédèrent en Corée de 1839 à 1867. Son père, saint Ignace Kim, avait été décapité pour le Christ en 1839. Saint André le fut aussi, après d’horribles tortures, neuf années plus tard, il avait 25 ans.

Plus de 10.000 chrétiens donnèrent le témoignage de leur foi au prix de leur vie. Le Pape canonisa ainsi 103 martyrs de Corée en 1984, parmi eux des jeunes filles de 15 ou 17 ans, des garçons de 13 ans.» Tiré du site Nominis.

Bibliographie:

  • Livre Dictionnaire des artistes de langue française en Amérique du Nord. David Karel, Musée du Québec, Les Presses de l’Université Laval, 1992.
  • Site web de l’Université du Québec. Page consultée le 19 septembre 2010. Adresse URL.
  • Site web Catholic Bishops’ Conference of Korea. Page consultée le 19 septembre 2010. Adresse URL.
  • Site web de la maison Saint-Jean, Corée du Sud. Page consultée le 19 septembre 2010. Adresse URL.
  • Site web Martyrs et Saints. Les Martyrs de Corée. Page consultée le 19 septembre 2010. Adresse URL.
Dictionnaire des artistes de langue française en Amérique du Nord. David Karel, Musée du Québec, Les Presses de l’Université Laval, 1992.
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