St. Lawrence Flour Mills

Les exportations de blé canadien ont connu une expansion phénoménale au début du 20e siècle, suite à une série de mauvaises récoltes aux États-Unis et à l’amélioration des méthodes de culture dans les provinces de l’ouest.

Bien que Montréal soit alors le principal port céréalier du pays, la ville ne compte qu’un grand minotier, la compagnie Ogilvie. Cette situation avantageuse favorisa la création de deux nouvelles minoteries: Dominion Flour Mills (1912-1914) à Saint-Henri et St. Lawrence Flour Mills (1911) à Sainte-Cunégonde.

Aujourd’hui connue sous le nom de Horizon Milling, cette dernière est toujours en opération.

Les installations de la compagnie sont situées au 2110 Notre-Dame ouest, à l’angle du boulevard Georges-Vanier.

Publicité pour la St. Lawrence Flour Mills Co. Limited

Journal La Patrie, 19 décembre 1911, p. 3

Au moment de la parution de cet article dans le quotidien montréalais La Patrie le 19 décembre 1911, il y a donc cent ans aujourd’hui, la St. Lawrence Flour Mills était une toute jeune compagnie, en opération depuis quelques mois seulement.

Une compagnie établie en 1911

Le bâtiment de la St. Lawrence Flour Mills a été construit en 1911, sur le site de l’ancien chantier naval d’Augustin Cantin, sur la rive nord du canal de Lachine,.

Cet article a paru dans le quotidien montréalais Montreal Daily Witness,
le 25 février 1911. Source: Albums de rues E.-Z. Massicotte, BAnQ.

MANY CIRCUMSTANCES FAVOR ST. LAWRENCE FLOUR MILLS CO. IN ITS PROPERCTIVE OPERATIONS

Montreal Daily Witness, February 25, 1911

The above illustration shows the progress which has been made up-to-date with the new plant of the St. Lawrence Flour Mills Co., Ltd. It will be seen that the structural work of the mill and warehouse has been finished. The concrete and steel work of the elevator is finished, while the tile tanks are nearing completion. This plant is the last word in the science of mill building. The structural work is composed entirely of concrete with steel reinforcement, and in this respect is unique among Canadian mills.

The capacity of the mill is 2,500 barrels daily. The warehouse will hold 160,000 bags of flour, while the elevator is designed to hold about 400,000 bushels of wheat, and sufficient working machinery will be installed in the elevator to handle 600,000 bushels which will be provided by storage tanks at small expense, as the business of the company warrants it.

The milling machinery will be applied and installed by the Allis-Chalmers Company of Milwaukee. Mr J. F. Harrison, their manager, who was lately in town (…)

(…) the property of the company runs through to 1110 Notre-Dame Street West, where the head office of the company will be situated. With canal frontage and basins on either side, as well as railway sidings, the situation is an ideal one for economical flour milling.

The president of the company is Mr George A. Grier, the well-known lumber merchant, who is also president of the Diamond Glass Company, a director of the Dominion Textile Company, besides holding many other offices in the business life of the city.

The vice-president is Mr. T. Williamson, for many years one of the executive officers of the Ogilvie Flour Mills Company, he having successfully held the position of local manager in Winnipeg, assistant to the general manager, and secretary of the company.

The managing director is Lt.-Col. A. E. Labelle, the genial commander of the sixty-fifth regiment. Col Labelle is also an old officer of the Ogilvie Company, having held position of local manager in Montreal since the company was reorganized in 1902.

The other directors are Rudolf Forget, M.P., Mr C. J. Fleet, K. C., and Mr George Kent. (…)

Source: Albums de rues E.-Z. Massicotte, BAnQ

Vue aérienne de Montréal en 1963 avec la St. Lawrence Flour Mills Co, aujourd'hui connue sous le nom de Horizon Milling, en premier plan

Sources:

  • Yvon Desloges et Alain Gelly, Le canal de Lachine, du tumulte des flots à l’essor industriel et urbain. Septentrion, 2002. p. 137
  • St Lawrence Flour Mills, Albums de rues E.-Z. Massicotte, BAnQ, Adresse URL
  • La Patrie, 19 décembre 1911, p. 3. Source: BAnQ. Adresse URL

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Classé dans Arrondissement du Sud-Ouest, boul. Georges-Vanier, Canal de Lachine, Industries, Petite-Bourgogne, rue Fulford, rue Notre-Dame, Sainte-Cunégonde

Les Dix perdent un collaborateur précieux

Les Cahiers des Dix. Volume 12, 1947

Hommage posthume à Édouard-Zotique Massicotte. Les Cahiers des Dix. Volume 12, 1947

Le 8 novembre 1947, s’éteignait à Montréal Édouard-Zotique Massicotte, archiviste journaliste, héraldiste, folkloriste, paléographe, botaniste, généalogiste, archéologue, poète, historien des mœurs et conservateur de la bibliothèque Sainte-Cunégonde.

Cet homme remarquable fut membre de la première «École littéraire de Montréal» en 1895, dont il fut secrétaire et de plusieurs sociétés dont  la Société de folklore de la province de Québec, la Société historique de Montréal, la Société d’archéologie et de numismatique, la commission des monuments historiques du Québec et de la Société royale et de la Société des Dix.

Ses études historiques parurent régulièrement dans Les Cahiers des Dix. Son texte intitulé «Bibliothèques d’autrefois à Montréal» publié à titre posthume dans le volume 12 des cahiers, nous fait découvrir l’histoire de la création de la bibliothèque Sainte-Cunégonde, l’actuelle bibliothèque Georges-Vanier.

L’hommage des Dix

N’ayant pu le faire dans le volume 12 des cahiers, les Dix ont tenu à rendre hommage à leur ami et collaborateur l’année suivante dans le volume 13 des Cahiers des Dix.

Cahiers des Dix, volume 13E.-Z. Massicotte

Par Olivier Maurault, P.D. P.S.S., M.S.R.C.

«Nous devions à M. Massicotte un hommage collectif, que les exigences de la mise en page nous avaient empêchés de lui rendre, dans le Cahier des Dix de l’an dernier. Depuis, M. Victor Morin, dans le Rapport de la Société Royale du Canada, et M. Jean-Jacques Lefebvre dans la Revue du Barreau, ont tracé de lui deux portraits, véridiques et ressemblants. Et n’ayons garde d’oublier le travail de M. Emile Falardeau sur M. Massicotte, généalogiste, et celui de Me Maréchal Nantel sur M. Massicotte, archiviste, à propos des archives du Palais de Justice de Montréal.

Au surplus, lorsque, en 1936, M. Massicotte reçut, coup sur coup, la médaille de la Société Historique de Montréal et le doctorat ès lettres de l’université, d’autres portraits-éloges lui furent infligés, l’un par Aegidius Fauteux, un second par le Recteur de l’université, un troisième par M. Pierre-Georges Roy. Avant eux tous, cependant, M. Jean Charbonneau, dans son histoire de l’Ecole Littéraire de Montréal, l’avait peint avec justesse.

Faut-il reprendre ces images de notre ami et rappeler sa carrière d’artiste dramatique, de bibliothécaire à Sainte-Cunégonde, d’avocat, de journaliste au Monde Illustré, de poète symboliste, de botaniste, de folkloriste, d’archiviste et d’historien? Il le méritait bien. Et les hommes de sa trempe ne sont pas si nombreux parmi nous qu’il nous soit permis de négliger leur mémoire et de faire bon marché des services variés rendus par eux à notre monde intellectuel. Mais les Cahiers des Dix, étant des recueils historiques, nous indiquent la route à suivre : nous parlerons surtout de M. Massicotte, archiviste et historien.

Notre province est relativement riche en archives. Celles-ci sont dispersées, il est vrai; mais nous ne voyons pas de remède à cela, chaque dépôt tenant à ses richesses. Les archives judiciaires de Montréal constituent un de ces dépôts, parmi les plus utiles et les plus précieux. Avant que M. Massicotte en fût chargé, l’incurie y régnait, avec l’incurie, le désordre. Le nouvel archiviste en fit l’œuvre de sa vie. Il ne se borna pas à ordonner les documents et à combler, par des copies, les lacunes béantes qu’il découvrit, il les utilisa pour ses travaux personnels d’historien et les rendit accessibles aux chercheurs, dépassant ainsi de beaucoup son mandat officiel. Cette tâche surhumaine dura trente-cinq ans. Il ne nous est pas permis de la reléguer dans l’ombre, et les Dix tiennent à en marquer ici l’importance énorme et à citer en exemple aux générations leur regretté confrère.

On pense bien que M. Massicotte ne s’improvisa pas archiviste du tout au tout, quand il pénétra dans les arcanes du Palais de Justice de Montréal. Il n’en était pas à ses premières armes. Curieux et chercheur invétéré, il l’avait toujours été. M. Pierre-Georges Roy note que dès 1893, M. Massicotte avait fourni à une revue lévisienne un travail d’histoire. Et, bien que par la force des choses, il soir devenu le plus parfait spécialiste de l’histoire de Montréal, ses connaissances s’étendaient à l’histoire de la Province et du Canada tout entier. Collectionneur d’images et de portraits – ses albums sont précieux pour quiconque veut illustrer quelque travail historique – il accumulait des dossiers sur les sujets les plus divers. Ses études fouillées de généalogie et sa collaboration active, de plus de quarante ans, au Bulletin des Recherches historiques en sont la preuve. Il est désormais impossible d’écrire pertinemment sur les choses et les hommes du Québec, sur nos institutions, nos traditions, nos us et coutumes, nos chansons, nos processions patriotiques sans avoir recours à lui.

Sa bio-bibliographie, préparée par Mlle Marguerite Mercier, couvre trois cent quatre-vingts pages de manuscrit.

Même frappé par la maladie et retiré dans une hospitalière maison religieuses où il trouva la paix et la tranquillité, il ne cessa de travailler et de produire. C’est pourquoi, après sa mort, les Dix eurent la consolation de publier un dernier article de lui, préparé d’avance pour leur Cahier de 1947.

Il s’éteignit subitement – discrètement, comme il faisait toutes choses – non sans avoir rempli ses devoirs religieux quelques heures auparavant.

Il n’avait jamais été grand voyageur. Dans les dernières années de sa vie, il ne sortait guère que pour descendre à son bureau et pour se rendre au Square Saint-Louis, où ilo prenait place sur un banc et attendait un ou deux amis, qui aimaient à causer avec lui. Sa conversation était toujours instructive et pittoresque. Elle ne manquait pas d’humour, car M. Massicotte, bienveillant de nature, avait remué trop de documents humains pour ne pas connaître les mille travers des hommes. Il les jugeait avec sérénité.

Il était fidèle à ses amitiés. Aussi sa disparition fut-elle vivement regrettée. Bien rares étaient ceux à qui il n’avait pas rendu service. »

Les Cahiers des Dix. Volume 13, p. 9 à 11

Sources:

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La première bibliothèque publique francophone du Canada

Centre culturel Georges-Vanier, arrondissement du Sud-Ouest

Bibliothèque Georges-Vanier, arrondissement du Sud-Ouest

Il faut dire qu’il y a quand même de quoi être fier!

C’est dans la Petite-Bourgogne que se trouve la première bibliothèque francophone du Canada et la plus ancienne succursale des bibliothèques de Montréal toujours en service.

Il s’agit de la bibliothèque Georges-Vanier située à l’angle des rues Vinet et Workman, logée dans un immeuble qui abritait à l’origine l’hôtel-de-ville de Sainte-Cunégonde.

Au moment de sa création, en 1905, elle portait le nom de bibliothèque Sainte-Cunégonde et l’illustre natif de Sainte-Cunégonde, Édouard-Zotique Massicotte, en était le conservateur.

Laissons-lui le soin de nous faire le récit d’une histoire qui débuta vers 1892, celle d’une bibliothèque montréalaise exceptionnelle:

La bibliothèque Sainte-Cunégonde

E.-Z. Massicotte LL.D., M.S.R.C.

«Vers 1892, M Pagé ou M Rivet avait une petite bibliothèque «circulante»(1), angle des rues Vinet et Workman. Comme le nombre de lecteurs augmentait, la municipalité de Sainte-Cunégonde, à l’instigation de M le curé F.-X.-E. Ecrément, fonda en 1905 une bibliothèque publique dont le soussigné fut le conservateur. L’institution était logée dans le bel hôtel-de-ville de la localité. Peu de temps après, la cité de Montréal annexait Sainte-Cunégonde. Néanmoins, la bibliothèque suburbaine, avec ses 3,000 volumes, très variés, resta accessible au public et elle était fréquentée par plus de dix mille lecteurs, lorsque les commissaires de la métropole décidèrent en 1915 de «verser son actif en volumes» dans celui de la brande bibliothèque municipale, rue Sherbrooke est.

La partie ouest de Montréal ressentit vivement la perte qu’elle faisait. Les lecteurs se recrutaient dans les quartiers Saint-Joseph, Saint-Gabriel et Saint-Henri. En plus, les jours fériés, la bibliothèque était spécialement ouverte aux jeunes qui s’y rendaient nombreux, car ils trouvaient une jolie collection de journaux et de livres illustrés. Ces jours-là, une groupe de dames patronesses venait aider le bibliothécaire à exercer une surveillance effective.»

(1) On nomme ainsi les bibliothèques ou cabinets de lecture qui, moyennant une garantie et un abonnement, louent et prêtent  les livres qu’on désire lire chez soi.

Cahier des Dix, volume 12 (1947), p.15-16

Signature E.-Z. Massicotte

E.-Z. Massicotte dans la bibliothèque Sainte-Cunégonde

E.-Z. Massicotte dans la bibliothèque Sainte-Cunégonde, sans date. BAnQ

Menace de fermeture de la bibliothèque

La Ville de Montréal rouvrit cependant la bibliothèque en 1947 sous le nom de bibliothèque Workman.

En 1985, l’ancien hôtel-de-ville de Sainte-Cunégonde changea d’identité pour porter le nom de Georges-Vanier, du nom du premier gouverneur général du Canada d’expression française, un natif du quartier Petite-Bourgogne

En 1995, retour à la case départ; la menace d’une fermeture de la bibliothèque refait surface sous l’administration du maire de Montréal, Pierre Bourque. Fortement mobilisés, les citoyens ont réussi cependant par leur détermination à garder la bibliothèque ouverte.

La bibliothèque ainsi que l’édifice l’abritant, ont été rénovés en 2004, au coût de 4,5 millions $, grâce grâce au financement conjoint de l’arrondissement du Sud-Ouest, de la Ville de Montréal et du gouvernement du Québec.

Nouvelle menace de fermeture

On serait porté à croire qu’après avoir investi argent et effort, le sort de la bibliothèque Georges-Vanier serait assuré pour plusieurs décennies. Il n’en est rien. La bibliothèque se retrouve, une fois de plus, dans la mire des autorités.

En septembre dernier, les élus de l’arrondissement du Sud-Ouest, tous partis politiques confondus, ont décidé à l’unanimité qu’une des mesures pour boucler le budget de l’année 2012, serait de fermer la section adulte de la bibliothèque Georges-Vanier.

Un communiqué  intitulé «Nouveau mandat jeunesse pour la bibliothèque Georges-Vanier» a été émis par l’arrondissement pour annoncer cette décision.

Le scénario se répète

En 1995, les citoyens avaient organisé avec succès une campagne de sensibilisation qui leur avait permis de sauver la bibliothèque Georges-Vanier. Mobilisés sous le nom des Amis de la bibliothèque Georges-Vanier, ils avaient pu compter notamment sur l’appui  de  Lise Bissonnette, Jean-Claude Germain, Dorothy Williams et Kim Yaroshevskaya, que beaucoup connaissent sous le nom de Fanfreluche.

En 2011, un silence affolant prévaut. La nouvelle de cette fermeture passe inaperçue. Personne ne semble préoccupé par la nouvelle. La section adulte de la bibliothèque Georges-Vanier fermera-t-elle dans l’indifférence la plus totale? Pourtant les citoyens de Toronto ont réussi à sauver leurs bibliothèques publiques que le très conservateur maire Rob Ford, un ami de Stephen Harper, voulait privatiser. Un excellent article a été publié sur le blogue Bibliomancienne à ce sujet. Vous pouvez le lire en cliquant ici.

Une bibliothèque n’est pas qu’un ensemble de briques et de livres. C’est un endroit vivant qui s’est construit petit à petit par le travail et le dévouement des bibliothécaires et la fidélité de ses usagers. C’est un lieu que nos aînés peuvent facilement utiliser et qui permet de briser l’isolement.  C’est un endroit que tous les membres des familles peuvent utiliser, quel que soit leur âge.

Dans ce dossier, les élus de la ville-centre et ceux de l’arrondissement du Sud-Ouest se lancent la balle et prennent la population en otage. La bibliothèque Georges-Vanier fait partie du patrimoine montréalais. Elle n’est pas un banal chiffre inscrit dans la colonne des dépenses.

La bibliothèque Georges-Vanier est un bien collectif précieux qu’on se doit de protéger et de préserver pour que les générations futures puissent en profiter, jeunes et vieux.

La boîte à outils

Voici une liste de ressources et d’articles disponibles sur le web au sujet de la fermeture de la section adulte de la bibliothèque Georges-Vanier:

18 novembre 2011

Le 18 novembre 2011, un revirement de situation survient. L’arrondissement du Sud-Ouest émet un communiqué signalant qu’une hausse importante du nombre de permis délivrés en novembre permet le maintien de la section adulte de la bibliothèque.

L’arrondissement annonce également le lancement en 2012 d’une réflexion collective sur l’offre de service de l’ensemble de ses bibliothèques, dont le changement de vocation de la bibliothèque Georges-Vanier.

Sources:

  • Nouveau mandat jeunesse pour la bibliothèque Georges-Vanier. Communiqué de l’arrondissement du Sud-Ouest annonçant la fermeture de la section adulte bibliothèque Georges-Vanier. Page consultée le 6 novembre 2011. Adresse URL.
  • Pour boucler son budget 2012 – Le Sud-Ouest confronté à des choix difficiles. Communiqué de l’arrondissement du Sud-Ouest. Page consultée le 6 novembre 2011. Adresse URL.
  • Édouard-Zotique Massicotte. Bibliothèques d’autrefois à Montréal. Cahier des Dix, vol 12 (1947), p. 15 et 16. Page consultée le 6 novembre 2011. Adresse URL.
  • La première bibliothèque publique francophone au Canada se refait une beauté. Site web de l’Union des municipalités du Québec. Page consultée le 6 novembre 2011. Adresse URL.
  • Patricia Bouchard. L’édifice Georges-Vanier, siège de la première bibliothèque publique francophone du Canada. Bulletin des bibliothèques de Montréal. Page consultée le 6 novembre 2011. Adresse URL.

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Classé dans Arrondissement du Sud-Ouest, avant l'autoroute, Petite-Bourgogne, rue Vinet, rue Workman, Sainte-Cunégonde

Un tableau de John Little

Ma maison fait face à l’autoroute Ville-Marie. La présence de cette voie rapide qui domine le paysage du Sud-Ouest fait partie de mon quotidien. Je la vois et je l’entends tous les jours.

C’est elle qui  m’a amené à m’intéresser à l’histoire de l’arrondissement du Sud-Ouest. Sa présence dans ma vie m’a poussé à entreprendre des recherches pour découvrir à quoi pouvait ressembler tous ces bâtiments et toutes ces rues qui ont disparu pour lui faire place.

C’est ainsi que j’ai découvert la richesse de l’histoire de la Petite-Bourgogne, de Sainte-Cunégonde, Griffintown, Saint-Henri et Pointe-Saint-Charles. Façonnés par le canal de Lachine, ces quartiers sont intimement liés au développement économique de Montréal, du Québec et du Canada.

J’avais beau fouiller un peu partout, je ne trouvais jamais rien sur  les rues et les bâtiments qui s’étaient un jours dressés sur la falaise Saint-Jacques.

Puis un jour, en consultant le site internet de la galerie Walter Klinkhoff, j’ai découvert ce tableau de John Little peint en 1995, intitulé C.P.R. Royal Hudson #2825.

Ce tableau m’a beaucoup touché parce qu’on y voit ma maison. Il m’a aussi permis de mieux comprendre à quoi ressemblait mon quartier avant que l’autoroute ne le défigure.

Peinture de John Little. On voit l'église Sainte-Cunégonde au loin

Cliquez sur l'image pour l'agrandir. Source: galerie Klinkhoff

On y voit le train Royal Hudson #2825 qui emprunte la voie ferrée du Canadien Pacifique, dans la falaise Saint-Jacques et qui passe devant une série de maisons en brique rouge, rue Plymouth Grove.

Quelques enfants jouent au hockey sur la patinoire qui se trouvait derrière l’église St. Anthony of Padua. L’accès se faisait par cette même rue Plymouth Grove comme on peut le voir sur le plan ci-dessous. C’est à cet endroit qu’on a construit cette imposante barrière de béton qui enclave l’arrondissement du Sud-Ouest .

L’église Sainte-Cunégonde qui porte aujourd’hui le nom d’église des Saints-Martyrs-Coréens est reproduite sur la droite du tableau. Presque tout le reste a disparu, enfoui sous l’autoroute.

Plan de Montréal daté de 1957

La patinoire de la rue Plymouth Grove qu'on retrouve dans le tableau de John Little est indiquée sur ce plan de 1957

Sources

  • Fiche sur le peintre John Little. Site web de la Galerie Walter Klinkhoff. Page consultée le 1er octobre 2011. Adresse URL

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Classé dans Arrondissement du Sud-Ouest, Petite-Bourgogne, rue Saint-Antoine, Rues disparues

Emily Coonan

Une artiste oubliée

Emily Coonan (1875-1971) a vécu presque toute sa vie au 13, rue de la Ferme, dans le quartier Pointe-Saint-Charles, à Montréal.

Elle était d’une nature solitaire et réservée. On sait donc peu de choses de sa vie. Pourtant, sa feuille de route était, dans les premières décennies du 20ème siècle, fort impressionnante.

Elle faisait partie, entre 1910 et 1930, des artistes qu’on invitait à participer aux Expositions canadiennes importantes.  Ses tableaux furent présentés à plusieurs reprises à l’Académie royale canadienne de Toronto et au Salon du printemps de l’Art Association de Montréal.

Girl in Dotted Dress

Girl in Dotted Dress a fait partie en 1924 de l'Exposition de l'Empire britannique à Wembley, en Angleterre

Elle reçut au cours de ces années de nombreux prix et fut parmi les premières femmes artistes à être invitées à exposer aux côtés du Groupe des Sept.

Son tableau Girl in Dotted Dress est une des œuvres choisies pour faire partie en 1924 de l’Exposition de l’Empire britannique à Wembley, en Angleterre.

Ses tableaux font partie de collections prestigieuses, notamment celles du Musée des beaux-arts de Montréal et du Musée des beaux-arts du Canada qui possède quatre de ses œuvres.

«La prodige de Pointe-Saint-Charles»

C’est en ces termes que le journal montréalais The Herald décrivait Emily Coonan dans un article publié le 26 mars 1913.

Emily Geraldine  Coonan est née le 30 mai 1885. Ses parents étaient William Coonan, un mécanicien qui travaillait pour le Grand Tronc et Marie Anne Fullerton.

Les Coonan tenaient par dessus  tout à ce  que leurs enfants reçoivent une bonne éducation. C’est sans doute grâce à l’appui de sa mère qu’Emily put réaliser son rêve de devenir une artiste. Marie-Anne Coonan a toujours fait en sorte que l’argent soit disponible pour les cours d’art d’Emily et les cours de piano de sa sœur Eva.

Une élève douée

Evelina, vers 1910. Huile sur toile

C'est par ce tableau «Evelina, 1830» qu'Emily Coonan se fit remarquer pour la première fois en 1910

Emily Coonan fit ses études primaires à l’Académie Sainte-Anne pour jeunes filles. Ce sont les religieuses qui lui enseignaient qui détectèrent son talent, alors qu’elle n’avait que 8 ou 9 ans.

Sa formation artistique débuta véritablement vers 1898 au Conseil des arts et manufactures  où elle fut l’élève d’Edmond Dyonnet.

Art Association of Montreal

Bâtiment de l'Art Association of Montréal, square Phillips. Vers 1893

Elle étudia ensuite à partir de 1905 à l’ Art Association of Montreal, une institution dirigée par William Brymner, (1855-1925)  qui fut également son professeur et qui deviendra son mentor. On dit qu’Emily Coonan était son élève la plus douée.

Son talent lui permit de remporter en 1907 le premier prix de la classe avancée de dessin: une bourse d’études de deux ans à l’école de l’Art Association.

Voyages en Europe

Emily entreprit en 1912 un premier voyage de perfectionnement en Europe. Elle se rendit en France, en Belgique et en Hollande pour peindre en compagnie de Mabel May, également élève à l’Art Association.

En 1913, les Fiduciaires de la Galerie nationale du Canada établirent une bourse de voyage permettant à l’élève le plus prometteur de l’année de parfaire ses études en Europe. Emily Coonan devint en 1914 la première récipiendaire de cette bourse de 1 000$. Son voyage fut cependant reporté, en raison du déclenchement de la Première guerre mondiale.

Elle remporta également en 1916 un prix spécial offert par la  Montreal Women’s Art Society qui récompensait l’œuvre d’une femme artiste canadienne.

Ces deux bourses lui permirent de retourner en Europe en 1920 en compagnie de plusieurs autres artistes canadiens. On ne connaît pas son précisément son itinéraire, mais on sait qu’elle a visité Florence et Venise.

Italian Girl

Italian Girl, 1920-1921. Huile sur toile. 107, 0 x 85,5 cm. Galerie d'art Leonard & Bina Ellen, Université Concordia

Le groupe de Beaver Hall

Après son retour d’Europe au début de l’année 1921, Emily Coonan commença à fréquenter les membres du Groupe de Beaver Hall Hill.

Plusieurs des membres de cette une association sans structure fondée en 1920 et qui ne devait durer qu’un an et demi, étaient d’anciens élèves de William Brymner. Ces artistes qui partageaient des studios dans un bâtiment situé sur le square Beaver Hall organisaient aussi régulièrement des expositions. Emily participait à l’occasion à ces expositions.

Elle coupa tous liens avec les membres du groupe pour une raison inconnue.

Emily Coonan s’est retirée de la communauté artistique à partir de la fin des années 1920. Il se pourrait que le décès de William Brymner en 1925, celui de son père en 1932 et l’arrivée de la Dépression en aient été la cause.

Elle continua quand même à peindre tout au long de sa vie. Elle a réalisé quantité de paysages de la campagne québécoise à l’occasion de voyages en famille, des natures mortes et des portraits.

Emily Coonan - Nature morte, 1942

Emily Coonan - Nature morte, 1942. Huile sur toile 25,4 x 35,6 cm, collection privée

Une vie consacrée à l’art

Emily Coonan a vécu presque toute sa vie dans la maison qui l’avait vue naître à Pointe-Saint-Charles. La maison a été démolie et un complexe industriel a pris sa place, à l’angle des rues de la Ferme et Wellington.

Emily Coonan s’est éteinte à Montréal le 23 juin 1971, à l’âge de quatre-vingt-six ans. Elle fut inhumée au cimetière Notre-Dame-des-Neiges.

Quarante années se sont écoulées depuis son décès. Espérons qu’elle puisse prochainement prendre la place qui lui revient dans l’histoire de l’art canadien.

Avis de décès d'Emily Coonan

- The Gazette -

Sources

  • Evelyn Walters. The Women of Beaver Hall: Canadian modernist painters. Dundurn Press, 2005.
  • Anne Lewlands . Canadian paintings, prints and drawings. Firefly Books, 2007
  • A K Prakash. Independent Spirit: Early Canadian Women Artists. Firefly Books, 2008
  • Barbara Meadowcroft. Painting friends : the Beaver Hall women painters. Vehicule Press, 1999

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Classé dans Arrondissement du Sud-Ouest, avant l'autoroute, Pointe-Saint-Charles

L’incendie de l’hospice Sainte-Cunégonde

Un reportage de la British Pathé

L’incendie de l’hospice Sainte-Cunégonde survenu le 15 juin 1951 a fait l’objet d’un court film de la British Pathé

Inauguré en 1896, l’hospice de Sainte-Cunégonde était dirigé par les Sœurs Grises.

Le grand bâtiment en pierre grise situé à l’angle de l’avenue Atwater et de de la rue Albert, l’actuelle avenue Lionel-Groulx, servit pendant plus de cinquante ans, à la fois d’orphelinat et d’hospice pour personnes âgées.

Il fut détruit le 15 juin 1951 par un incendie qui s’était déclaré en fin de matinée dans la cage d’ascenseur. Le brasier fit 45 victimes. Parmi elles, se trouvaient la supérieure de l’établissement, Sœur Rita Gervais, Sœur Antoinette Chauvin, sacristine,  ainsi que des personnes âgées qui vivaient aux étages supérieurs. Grâce à  l’intervention des religieuses,  les 175 enfants que l’hospice accueillait ont tous pu être sauvés.

Le 19 juin 1951, un service fut célébré à la mémoire des victimes à l’église Notre-Dame par l’archevêque de Montréal, Mgr Paul-Émile Léger.

La Patrie, 16 juin 1951

Journal La Patrie 16 juin 1951

La Patrie 16 juin 1951

«La communauté des Sœurs Grises pleure ce matin la mort tragique de deux de ses filles et d’un nombre encore indéterminé de ses protégés des deux sexes. L’hécatombe se produisit hier, dans la destruction par les flammes de l’asile Sainte-Cunégonde, situé à l’angle des rues Atwater et Albert dans le quartier Saint-Henri.

Vers 11h30, vendredi matin, l’aumônier de l’institution, M. l’abbé P.-M. Séguin était à prier à la chapelle quand un vieux pensionnaire, M. Fortunat Taillefer, cria : «Le feu est dans l’ascenseur.» Le prêtre sonna immédiatement l’alarme. Quand il voulut réintégrer la chapelle, les flammes et la fumée lui barraient déjà la route. Les flammes devaient, en quelques minutes, transformer le vieil immeuble en brasier ardent.

Vingt minutes plus tard, une troisième alarme canalisait vers la scène du désastre tous les pompiers, toutes les voitures disponibles du Service des Incendies de Montréal, le chef Raymond Paré assumant lui-même la direction des opérations de sauvetage.

Vieillards, femmes et enfants, talonnés par les flammes, furent dirigées vers les sorties de l’immeuble. On ne peut raconter ici, dans les moindres détails, les actes d’héroïsme accomplis par le personnel de l’hospice, par les sapeurs mandés sur les lieux, les policiers et quelques civils bénévoles.

Et pendant des heures et des heures, les flammes se propagèrent avec rage dans tous les coins de l’immeuble, attirant sur les lieux des milliers de curieux dont la présence compliquera d’autant la tâche des combattants. La circulation fut paralysée dans le quartier s’étendant de la rue Dominion à la Place Saint-Henri, de la rue Notre-Dame à la rue Saint-Antoine. Vendredi soir, alors qu’il ne restait sur les lieux que quelques pompiers, occupés surtout à rechercher les cadavres que l’on croit encore ensevelis dans les ruines, les rues voisines étaient noires de monde, d’automobiles : on vint de tous les quartiers de la ville, de tout le district avoisinant.

La longue et pénible tâche de l’identification des corps des 26 pensionnaires brûlés dans l’incendie de l’asile Sainte-Cunégonde se poursuit lentement à la morgue alors que les parents et les officiels de l’institution défilent devant les restes calcinés des malheureuses victimes de ce tragique sinistre.

Tandis que des scènes déchirantes se déroulent devant les dalles de la morgue, d’autres non moins émouvantes se produisent dans nombre de foyers qui, pendant plusieurs heures, ont été déchirés par l’angoisse à la nouvelles de cette hécatombe. Une mère qui presse sur elle son enfant qui vient d’échapper à la mort; un fils, une fille qui accueille sous son toit un vieillard qu’il a cherché pendant des heures parmi la foule des curieux et qu’il retrouve sain et sauf après avoir failli connaître le sort réservé à une quarantaine d’autres pensionnaires de l’hospice.»

La Patrie, édition du samedi 16 juin 1951, première page et p. 21

Sources

  • Le Devoir, 15 juin 1951, p.1, 16 juin 1951, p.1 et 17 juin 1951, p.1.
  • La Patrie, 16 juin 1951, première page, pp. 21, 22 et 23. Adresse URL.
  • It Wasn’t a Fire Drill. Life, 29 juin 1951, p.34. Adresse URL.
  • 38 Trapped in Montreal Fire. Un film de la British Pathé, 25 juin 1951. Adresse URL.
  • Le portail des pompiers de Montréal. Adresse URL.

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L’asile des vieillards des Petites Soeurs des Pauvres

Bien qu’il soit situé au 1800 boulevard René-Lévesque ouest, l’ancien asile des vieillards des Petites Sœurs des Pauvres  lui tourne le dos.

Sa façade surplombe plutôt la falaise Saint-Jacques et l’autoroute. On y accède par la rue Joseph-Manseau mais cela n’a pas toujours été le cas.

L’accès à la propriété s’est fait par la rue des Seigneurs qui rejoignait le boulevard Dorchester (boulevard René-Lévesque) jusqu’au moment de la construction de l’autoroute Ville-Marie.

Cet accès disparaîtra au moment de la construction de la bretelle d’accès à la rue Guy.

Asile des vieillards des Petites Soeurs des Pauvres

BAnQ. Albums de rues E.-Z. Massicotte

L’œuvre de Jeanne Jugan

La congrégation des Petites Sœurs des Pauvres a été fondée en France en 1839 par Jeanne Jugan (1792-1879) à Saint-Servant, un petit village de Bretagne.

Les Petites Sœurs qui se sont établies à Montréal en 1887, achetèrent le 12 janvier 1889 un terrain situé en retrait de la rue Dorchester (boulevard René-Lévesque) dont l’accès se faisait par la rue des Seigneurs.

Le site était important de par sa position dans le haut de la falaise Saint-Jacques qui permettait une vue en plongée sur le secteur industriel du canal de Lachine, et du pont Victoria.

Elles y firent construire en 1892-93 un asile pour 80 personnes âgées, une douzaine de religieuses et une chapelle selon les plans de l’architecte Casimir Saint-Jean (1864-1918).

1915. Plan de Montréal indiquant l'emplacement de l'asile des vieillards des Petites Soeurs des Pauvres

Cliquez sur le plan pour l'agrandir

Des ajouts furent effectués de 1907 à 1935 par l’architecte Joseph Sawyer qui a réalisé les plans de nombreux immeubles résidentiels en rangée dans les quartiers en développement de Montréal, notamment rue Souvenir et rue des Seigneurs.

Ses bureaux étaient situés dans sa résidence de la rue Guy.

Asile des vieillards des Petites Soeurs des Pauvres

Portail de l'asile des vieillards des Petites Soeurs des Pauvres

Le couvent fut agrandi à nouveau en 1951-52. Les sœurs l’ont occupé jusqu’en 1956. Elles ont quitté les lieux pour emménager dans un nouveau bâtiment répondant mieux à leurs besoins au 5605 rue Beaubien est.

Le site a accueilli ensuite de 1957 à 1969 l’institut Chaumont pour enfants épileptiques des Sœurs Grises, des groupes sociaux, une école privée, Centraide et Hyperchip, une compagnie de réseautage informatique.

Rue Dorchester en 1970

On distingue à droite l'asile des vieillards des Petites Soeurs des Pauvres en 1970, avant la construction de l'autoroute Ville-Marie

La réhabilitation du bâtiment

Le bâtiment qui a été acheté en 2004 par le Groupe Pacific est inoccupé depuis plusieurs années malgré le fait que deux projets résidentiels aient été envisagés pour le site.

Un premier projet de condos avait été conçu en 1991-92 selon les plans l’architecte Dan Hanganu.

Le Groupe Pacific, a présenté en 2008 un projet résidentiel de 400 unités de logement qui incluait la restauration du couvent et qui a fait l’objet de consultations publiques.  Aucun des projets n’a été réalisé.

Proposition pour le projet du 1800 boulevard René-Lévesque ouest par le Groupe Pacific

Proposition du Groupe Pacific pour le projet du 1800 boulevard René-Lévesque ouest 2008

Sources

  • J. A. Perron et Gaspard Dauth. Le diocèse de Montréal à la fin du dix-neuvième siècle. p. 282 à 285. Adresse URL.
  • Marie Lessard, présidente du conseil du Conseil du patrimoine de Montréal. ICOMOS 2008. Présentation dans le cadre du colloque: Conserver l’esprit du lieu. Québec, 2 octobre 2008. Adresse URL.
  • Étude de Louis Brillant, architecte. Ancien Asile des Vieillards des Petites Soeurs des Pauvres. Étude patrimoniale des bâtiments situés au 1800 boulevard René-Lévesque à Montréal. 8 mai 2006. Adresse URL.
  • Présentation "Le 1800 boulevard René-Lévesque Ouest", Groupe Pacific, Menkès Shooner Dagenais Letourneux Architectes, 20 février 2008. Adresse URL.
  • Secteur Haut de la falaise, Grand répertoire du patrimoine bâti de Montréal. Adresse URL.

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