Centenaire de l’inauguration du bain Hushion

Façade du bain Hushion

Bain Hushion – – Archives de Montréal, pièce VM94-C1024-078 – 18 mai 1967

En 1914, la Ville de Montréal entreprend la construction d’un nouveau bain public dans le quartier Saint-Joseph, l’actuelle Petite-Bourgogne. L’architecte Alphonse Piché signe les plans du bâtiment érigé au 757 rue des Seigneurs, au coût de 35 000 $.

Le bain Hushion est inauguré le 29 janvier 1915, comme le rapporte le quotidien The Gazette, dans un article publié le lendemain. On le nomme Hushion en l’honneur de William James Hushion, échevin du quartier Saint-Joseph au conseil municipal de Montréal de 1914 à 1928.

En 1988, un incendie criminel cause d’importants dommages au bain Hushion, entraînant sa fermeture définitive.

 

Piscine du bain Hushion

Bain Hushion – Archives de Montréal, pièce VM94-C1024-050 – 18 mai 1967

 

Piscine du bain Hushion

Bain Hushion – Archives de Montréal, pièce VM94-C1024-099 – 18 mai 1967

 

 

 

Façade du bain Hushion

Bain Hushion – Archives de Montréal, pièce VM94-C1024-077 – 18 mai 1967

Source des photos: Archives de Montréal
Dossier D1024 – Immeubles – M. Myette – Expropriation rue des Seigneurs, rue Saint-Jacques et rue Saint-Martin – 18 mai 1967.

 

Sources:

Formal Opening of Hushion Bath. The Gazette, Montreal. 15 janvier 1915, p. 11. Adresse URL.

Site web Grand répertoire du patrimoine bâti de Montréal. Fiche du bain Hushion. Page consultée le 28 janvier 2015. Adresse URL.

Site web Propriétés municipales d’intérêt patrimonial. Fiche du bain Hushion. Page consultée le 28 janvier 2015. Adresse URL.

Site web de l’Assemblée nationale du Québec. Biographie de William James Hushion. Page consultée le 28 janvier 2015. Adresse URL.

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Classé dans avant l'autoroute, Petite-Bourgogne, rue des Seigneurs

St. Lawrence Flour Mills

Les exportations de blé canadien ont connu une expansion phénoménale au début du 20e siècle, suite à une série de mauvaises récoltes aux États-Unis et à l’amélioration des méthodes de culture dans les provinces de l’ouest.

Bien que Montréal soit alors le principal port céréalier du pays, la ville ne compte qu’un grand minotier, la compagnie Ogilvie. Cette situation avantageuse favorisa la création de deux nouvelles minoteries: Dominion Flour Mills (1912-1914) à Saint-Henri et St. Lawrence Flour Mills (1911) à Sainte-Cunégonde.

Aujourd’hui connue sous le nom de Horizon Milling, cette dernière est toujours en opération.

Les installations de la compagnie sont situées au 2110 Notre-Dame Ouest, à l’angle du boulevard Georges-Vanier.

Publicité pour la St. Lawrence Flour Mills Co. Limited

Journal La Patrie, 19 décembre 1911, p. 3

Au moment de la parution de cet article dans le quotidien montréalais La Patrie le 19 décembre 1911, il y a donc cent ans aujourd’hui, la St. Lawrence Flour Mills était une toute jeune compagnie, en opération depuis quelques mois seulement.

Une compagnie établie en 1911

Le bâtiment de la St. Lawrence Flour Mills a été construit en 1911, sur le site de l’ancien chantier naval d’Augustin Cantin, sur la rive nord du canal de Lachine,.

Cet article a paru dans le quotidien montréalais Montreal Daily Witness,
le 25 février 1911. Source: Albums de rues E.-Z. Massicotte, BAnQ.

MANY CIRCUMSTANCES FAVOR ST. LAWRENCE FLOUR MILLS CO. IN ITS PROPERCTIVE OPERATIONS

Montreal Daily Witness, February 25, 1911

The above illustration shows the progress which has been made up-to-date with the new plant of the St. Lawrence Flour Mills Co., Ltd. It will be seen that the structural work of the mill and warehouse has been finished. The concrete and steel work of the elevator is finished, while the tile tanks are nearing completion. This plant is the last word in the science of mill building. The structural work is composed entirely of concrete with steel reinforcement, and in this respect is unique among Canadian mills.

The capacity of the mill is 2,500 barrels daily. The warehouse will hold 160,000 bags of flour, while the elevator is designed to hold about 400,000 bushels of wheat, and sufficient working machinery will be installed in the elevator to handle 600,000 bushels which will be provided by storage tanks at small expense, as the business of the company warrants it.

The milling machinery will be applied and installed by the Allis-Chalmers Company of Milwaukee. Mr J. F. Harrison, their manager, who was lately in town (…)

(…) the property of the company runs through to 1110 Notre-Dame Street West, where the head office of the company will be situated. With canal frontage and basins on either side, as well as railway sidings, the situation is an ideal one for economical flour milling.

The president of the company is Mr George A. Grier, the well-known lumber merchant, who is also president of the Diamond Glass Company, a director of the Dominion Textile Company, besides holding many other offices in the business life of the city.

The vice-president is Mr. T. Williamson, for many years one of the executive officers of the Ogilvie Flour Mills Company, he having successfully held the position of local manager in Winnipeg, assistant to the general manager, and secretary of the company.

The managing director is Lt.-Col. A. E. Labelle, the genial commander of the sixty-fifth regiment. Col Labelle is also an old officer of the Ogilvie Company, having held position of local manager in Montreal since the company was reorganized in 1902.

The other directors are Rudolf Forget, M.P., Mr C. J. Fleet, K. C., and Mr George Kent. (…)

Source: Albums de rues E.-Z. Massicotte, BAnQ

Vue aérienne de Montréal en 1963 avec la St. Lawrence Flour Mills Co, aujourd’hui connue sous le nom de Horizon Milling, en premier plan

Sources:

  • Yvon Desloges et Alain Gelly, Le canal de Lachine, du tumulte des flots à l’essor industriel et urbain. Septentrion, 2002. p. 137
  • St Lawrence Flour Mills, Albums de rues E.-Z. Massicotte, BAnQ, Adresse URL
  • La Patrie, 19 décembre 1911, p. 3. Source: BAnQ. Adresse URL

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Les Dix perdent un collaborateur précieux

Les Cahiers des Dix. Volume 12, 1947

Hommage posthume à Édouard-Zotique Massicotte. Les Cahiers des Dix. Volume 12, 1947

Le 8 novembre 1947, s’éteignait à Montréal Édouard-Zotique Massicotte, archiviste journaliste, héraldiste, folkloriste, paléographe, botaniste, généalogiste, archéologue, poète, historien des mœurs et conservateur de la bibliothèque Sainte-Cunégonde.

Cet homme remarquable fut membre de la première «École littéraire de Montréal» en 1895, dont il fut secrétaire et de plusieurs sociétés dont  la Société de folklore de la province de Québec, la Société historique de Montréal, la Société d’archéologie et de numismatique, la commission des monuments historiques du Québec et de la Société royale et de la Société des Dix.

Ses études historiques parurent régulièrement dans Les Cahiers des Dix. Son texte intitulé «Bibliothèques d’autrefois à Montréal» publié à titre posthume dans le volume 12 des cahiers, nous fait découvrir l’histoire de la création de la bibliothèque Sainte-Cunégonde, l’actuelle bibliothèque Georges-Vanier.

L’hommage des Dix

N’ayant pu le faire dans le volume 12 des cahiers, les Dix ont tenu à rendre hommage à leur ami et collaborateur l’année suivante dans le volume 13 des Cahiers des Dix.

Cahiers des Dix, volume 13E.-Z. Massicotte

Par Olivier Maurault, P.D. P.S.S., M.S.R.C.

«Nous devions à M. Massicotte un hommage collectif, que les exigences de la mise en page nous avaient empêchés de lui rendre, dans le Cahier des Dix de l’an dernier. Depuis, M. Victor Morin, dans le Rapport de la Société Royale du Canada, et M. Jean-Jacques Lefebvre dans la Revue du Barreau, ont tracé de lui deux portraits, véridiques et ressemblants. Et n’ayons garde d’oublier le travail de M. Emile Falardeau sur M. Massicotte, généalogiste, et celui de Me Maréchal Nantel sur M. Massicotte, archiviste, à propos des archives du Palais de Justice de Montréal.

Au surplus, lorsque, en 1936, M. Massicotte reçut, coup sur coup, la médaille de la Société Historique de Montréal et le doctorat ès lettres de l’université, d’autres portraits-éloges lui furent infligés, l’un par Aegidius Fauteux, un second par le Recteur de l’université, un troisième par M. Pierre-Georges Roy. Avant eux tous, cependant, M. Jean Charbonneau, dans son histoire de l’Ecole Littéraire de Montréal, l’avait peint avec justesse.

Faut-il reprendre ces images de notre ami et rappeler sa carrière d’artiste dramatique, de bibliothécaire à Sainte-Cunégonde, d’avocat, de journaliste au Monde Illustré, de poète symboliste, de botaniste, de folkloriste, d’archiviste et d’historien? Il le méritait bien. Et les hommes de sa trempe ne sont pas si nombreux parmi nous qu’il nous soit permis de négliger leur mémoire et de faire bon marché des services variés rendus par eux à notre monde intellectuel. Mais les Cahiers des Dix, étant des recueils historiques, nous indiquent la route à suivre : nous parlerons surtout de M. Massicotte, archiviste et historien.

Notre province est relativement riche en archives. Celles-ci sont dispersées, il est vrai; mais nous ne voyons pas de remède à cela, chaque dépôt tenant à ses richesses. Les archives judiciaires de Montréal constituent un de ces dépôts, parmi les plus utiles et les plus précieux. Avant que M. Massicotte en fût chargé, l’incurie y régnait, avec l’incurie, le désordre. Le nouvel archiviste en fit l’œuvre de sa vie. Il ne se borna pas à ordonner les documents et à combler, par des copies, les lacunes béantes qu’il découvrit, il les utilisa pour ses travaux personnels d’historien et les rendit accessibles aux chercheurs, dépassant ainsi de beaucoup son mandat officiel. Cette tâche surhumaine dura trente-cinq ans. Il ne nous est pas permis de la reléguer dans l’ombre, et les Dix tiennent à en marquer ici l’importance énorme et à citer en exemple aux générations leur regretté confrère.

On pense bien que M. Massicotte ne s’improvisa pas archiviste du tout au tout, quand il pénétra dans les arcanes du Palais de Justice de Montréal. Il n’en était pas à ses premières armes. Curieux et chercheur invétéré, il l’avait toujours été. M. Pierre-Georges Roy note que dès 1893, M. Massicotte avait fourni à une revue lévisienne un travail d’histoire. Et, bien que par la force des choses, il soir devenu le plus parfait spécialiste de l’histoire de Montréal, ses connaissances s’étendaient à l’histoire de la Province et du Canada tout entier. Collectionneur d’images et de portraits – ses albums sont précieux pour quiconque veut illustrer quelque travail historique – il accumulait des dossiers sur les sujets les plus divers. Ses études fouillées de généalogie et sa collaboration active, de plus de quarante ans, au Bulletin des Recherches historiques en sont la preuve. Il est désormais impossible d’écrire pertinemment sur les choses et les hommes du Québec, sur nos institutions, nos traditions, nos us et coutumes, nos chansons, nos processions patriotiques sans avoir recours à lui.

Sa bio-bibliographie, préparée par Mlle Marguerite Mercier, couvre trois cent quatre-vingts pages de manuscrit.

Même frappé par la maladie et retiré dans une hospitalière maison religieuses où il trouva la paix et la tranquillité, il ne cessa de travailler et de produire. C’est pourquoi, après sa mort, les Dix eurent la consolation de publier un dernier article de lui, préparé d’avance pour leur Cahier de 1947.

Il s’éteignit subitement – discrètement, comme il faisait toutes choses – non sans avoir rempli ses devoirs religieux quelques heures auparavant.

Il n’avait jamais été grand voyageur. Dans les dernières années de sa vie, il ne sortait guère que pour descendre à son bureau et pour se rendre au Square Saint-Louis, où ilo prenait place sur un banc et attendait un ou deux amis, qui aimaient à causer avec lui. Sa conversation était toujours instructive et pittoresque. Elle ne manquait pas d’humour, car M. Massicotte, bienveillant de nature, avait remué trop de documents humains pour ne pas connaître les mille travers des hommes. Il les jugeait avec sérénité.

Il était fidèle à ses amitiés. Aussi sa disparition fut-elle vivement regrettée. Bien rares étaient ceux à qui il n’avait pas rendu service. »

Les Cahiers des Dix. Volume 13, p. 9 à 11

Sources:

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Emily Coonan

Une artiste oubliée

Emily Coonan (1875-1971) a vécu presque toute sa vie au 13, rue de la Ferme, dans le quartier Pointe-Saint-Charles, à Montréal.

Elle était d’une nature solitaire et réservée. On sait donc peu de choses de sa vie. Pourtant, sa feuille de route était, dans les premières décennies du 20ème siècle, fort impressionnante.

Elle faisait partie, entre 1910 et 1930, des artistes qu’on invitait à participer aux Expositions canadiennes importantes.  Ses tableaux furent présentés à plusieurs reprises à l’Académie royale canadienne de Toronto et au Salon du printemps de l’Art Association de Montréal.

Girl in Dotted Dress

Girl in Dotted Dress a fait partie en 1924 de l'Exposition de l'Empire britannique à Wembley, en Angleterre

Elle reçut au cours de ces années de nombreux prix et fut parmi les premières femmes artistes à être invitées à exposer aux côtés du Groupe des Sept.

Son tableau Girl in Dotted Dress est une des œuvres choisies pour faire partie en 1924 de l’Exposition de l’Empire britannique à Wembley, en Angleterre.

Ses tableaux font partie de collections prestigieuses, notamment celles du Musée des beaux-arts de Montréal et du Musée des beaux-arts du Canada qui possède quatre de ses œuvres.

«La prodige de Pointe-Saint-Charles»

C’est en ces termes que le journal montréalais The Herald décrivait Emily Coonan dans un article publié le 26 mars 1913.

Emily Geraldine  Coonan est née le 30 mai 1885. Ses parents étaient William Coonan, un mécanicien qui travaillait pour le Grand Tronc et Marie Anne Fullerton.

Les Coonan tenaient par dessus  tout à ce  que leurs enfants reçoivent une bonne éducation. C’est sans doute grâce à l’appui de sa mère qu’Emily put réaliser son rêve de devenir une artiste. Marie-Anne Coonan a toujours fait en sorte que l’argent soit disponible pour les cours d’art d’Emily et les cours de piano de sa sœur Eva.

Une élève douée

Evelina, vers 1910. Huile sur toile

C'est par ce tableau «Evelina, 1830» qu'Emily Coonan se fit remarquer pour la première fois en 1910

Emily Coonan fit ses études primaires à l’Académie Sainte-Anne pour jeunes filles. Ce sont les religieuses qui lui enseignaient qui détectèrent son talent, alors qu’elle n’avait que 8 ou 9 ans.

Sa formation artistique débuta véritablement vers 1898 au Conseil des arts et manufactures  où elle fut l’élève d’Edmond Dyonnet.

Art Association of Montreal

Bâtiment de l'Art Association of Montréal, square Phillips. Vers 1893

Elle étudia ensuite à partir de 1905 à l’ Art Association of Montreal, une institution dirigée par William Brymner, (1855-1925)  qui fut également son professeur et qui deviendra son mentor. On dit qu’Emily Coonan était son élève la plus douée.

Son talent lui permit de remporter en 1907 le premier prix de la classe avancée de dessin: une bourse d’études de deux ans à l’école de l’Art Association.

Voyages en Europe

Emily entreprit en 1912 un premier voyage de perfectionnement en Europe. Elle se rendit en France, en Belgique et en Hollande pour peindre en compagnie de Mabel May, également élève à l’Art Association.

En 1913, les Fiduciaires de la Galerie nationale du Canada établirent une bourse de voyage permettant à l’élève le plus prometteur de l’année de parfaire ses études en Europe. Emily Coonan devint en 1914 la première récipiendaire de cette bourse de 1 000$. Son voyage fut cependant reporté, en raison du déclenchement de la Première guerre mondiale.

Elle remporta également en 1916 un prix spécial offert par la  Montreal Women’s Art Society qui récompensait l’œuvre d’une femme artiste canadienne.

Ces deux bourses lui permirent de retourner en Europe en 1920 en compagnie de plusieurs autres artistes canadiens. On ne connaît pas son précisément son itinéraire, mais on sait qu’elle a visité Florence et Venise.

Italian Girl

Italian Girl, 1920-1921. Huile sur toile. 107, 0 x 85,5 cm. Galerie d'art Leonard & Bina Ellen, Université Concordia

Le groupe de Beaver Hall

Après son retour d’Europe au début de l’année 1921, Emily Coonan commença à fréquenter les membres du Groupe de Beaver Hall Hill.

Plusieurs des membres de cette une association sans structure fondée en 1920 et qui ne devait durer qu’un an et demi, étaient d’anciens élèves de William Brymner. Ces artistes qui partageaient des studios dans un bâtiment situé sur le square Beaver Hall organisaient aussi régulièrement des expositions. Emily participait à l’occasion à ces expositions.

Elle coupa tous liens avec les membres du groupe pour une raison inconnue.

Emily Coonan s’est retirée de la communauté artistique à partir de la fin des années 1920. Il se pourrait que le décès de William Brymner en 1925, celui de son père en 1932 et l’arrivée de la Dépression en aient été la cause.

Elle continua quand même à peindre tout au long de sa vie. Elle a réalisé quantité de paysages de la campagne québécoise à l’occasion de voyages en famille, des natures mortes et des portraits.

Emily Coonan - Nature morte, 1942

Emily Coonan - Nature morte, 1942. Huile sur toile 25,4 x 35,6 cm, collection privée

Une vie consacrée à l’art

Emily Coonan a vécu presque toute sa vie dans la maison qui l’avait vue naître à Pointe-Saint-Charles. La maison a été démolie et un complexe industriel a pris sa place, à l’angle des rues de la Ferme et Wellington.

Emily Coonan s’est éteinte à Montréal le 23 juin 1971, à l’âge de quatre-vingt-six ans. Elle fut inhumée au cimetière Notre-Dame-des-Neiges.

Quarante années se sont écoulées depuis son décès. Espérons qu’elle puisse prochainement prendre la place qui lui revient dans l’histoire de l’art canadien.

Avis de décès d'Emily Coonan

- The Gazette -

Sources

  • Evelyn Walters. The Women of Beaver Hall: Canadian modernist painters. Dundurn Press, 2005.
  • Anne Lewlands . Canadian paintings, prints and drawings. Firefly Books, 2007
  • A K Prakash. Independent Spirit: Early Canadian Women Artists. Firefly Books, 2008
  • Barbara Meadowcroft. Painting friends : the Beaver Hall women painters. Vehicule Press, 1999

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L’incendie de l’hospice Sainte-Cunégonde

Un reportage de la British Pathé

L’incendie de l’hospice Sainte-Cunégonde survenu le 15 juin 1951 a fait l’objet d’un court film de la British Pathé

Inauguré en 1896, l’hospice de Sainte-Cunégonde était dirigé par les Sœurs Grises.

Le grand bâtiment en pierre grise situé à l’angle de l’avenue Atwater et de de la rue Albert, l’actuelle avenue Lionel-Groulx, servit pendant plus de cinquante ans, à la fois d’orphelinat et d’hospice pour personnes âgées.

Il fut détruit le 15 juin 1951 par un incendie qui s’était déclaré en fin de matinée dans la cage d’ascenseur. Le brasier fit 45 victimes. Parmi elles, se trouvaient la supérieure de l’établissement, Sœur Rita Gervais, Sœur Antoinette Chauvin, sacristine,  ainsi que des personnes âgées qui vivaient aux étages supérieurs. Grâce à  l’intervention des religieuses,  les 175 enfants que l’hospice accueillait ont tous pu être sauvés.

Le 19 juin 1951, un service fut célébré à la mémoire des victimes à l’église Notre-Dame par l’archevêque de Montréal, Mgr Paul-Émile Léger.

La Patrie, 16 juin 1951

Journal La Patrie 16 juin 1951

La Patrie 16 juin 1951

«La communauté des Sœurs Grises pleure ce matin la mort tragique de deux de ses filles et d’un nombre encore indéterminé de ses protégés des deux sexes. L’hécatombe se produisit hier, dans la destruction par les flammes de l’asile Sainte-Cunégonde, situé à l’angle des rues Atwater et Albert dans le quartier Saint-Henri.

Vers 11h30, vendredi matin, l’aumônier de l’institution, M. l’abbé P.-M. Séguin était à prier à la chapelle quand un vieux pensionnaire, M. Fortunat Taillefer, cria : «Le feu est dans l’ascenseur.» Le prêtre sonna immédiatement l’alarme. Quand il voulut réintégrer la chapelle, les flammes et la fumée lui barraient déjà la route. Les flammes devaient, en quelques minutes, transformer le vieil immeuble en brasier ardent.

Vingt minutes plus tard, une troisième alarme canalisait vers la scène du désastre tous les pompiers, toutes les voitures disponibles du Service des Incendies de Montréal, le chef Raymond Paré assumant lui-même la direction des opérations de sauvetage.

Vieillards, femmes et enfants, talonnés par les flammes, furent dirigées vers les sorties de l’immeuble. On ne peut raconter ici, dans les moindres détails, les actes d’héroïsme accomplis par le personnel de l’hospice, par les sapeurs mandés sur les lieux, les policiers et quelques civils bénévoles.

Et pendant des heures et des heures, les flammes se propagèrent avec rage dans tous les coins de l’immeuble, attirant sur les lieux des milliers de curieux dont la présence compliquera d’autant la tâche des combattants. La circulation fut paralysée dans le quartier s’étendant de la rue Dominion à la Place Saint-Henri, de la rue Notre-Dame à la rue Saint-Antoine. Vendredi soir, alors qu’il ne restait sur les lieux que quelques pompiers, occupés surtout à rechercher les cadavres que l’on croit encore ensevelis dans les ruines, les rues voisines étaient noires de monde, d’automobiles : on vint de tous les quartiers de la ville, de tout le district avoisinant.

La longue et pénible tâche de l’identification des corps des 26 pensionnaires brûlés dans l’incendie de l’asile Sainte-Cunégonde se poursuit lentement à la morgue alors que les parents et les officiels de l’institution défilent devant les restes calcinés des malheureuses victimes de ce tragique sinistre.

Tandis que des scènes déchirantes se déroulent devant les dalles de la morgue, d’autres non moins émouvantes se produisent dans nombre de foyers qui, pendant plusieurs heures, ont été déchirés par l’angoisse à la nouvelles de cette hécatombe. Une mère qui presse sur elle son enfant qui vient d’échapper à la mort; un fils, une fille qui accueille sous son toit un vieillard qu’il a cherché pendant des heures parmi la foule des curieux et qu’il retrouve sain et sauf après avoir failli connaître le sort réservé à une quarantaine d’autres pensionnaires de l’hospice.»

La Patrie, édition du samedi 16 juin 1951, première page et p. 21

Sources

  • Le Devoir, 15 juin 1951, p.1, 16 juin 1951, p.1 et 17 juin 1951, p.1.
  • La Patrie, 16 juin 1951, première page, pp. 21, 22 et 23. Adresse URL.
  • It Wasn’t a Fire Drill. Life, 29 juin 1951, p.34. Adresse URL.
  • 38 Trapped in Montreal Fire. Un film de la British Pathé, 25 juin 1951. Adresse URL.
  • Le portail des pompiers de Montréal. Adresse URL.

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Classé dans Arrondissement du Sud-Ouest, av Atwater, av Lionel-Groulx, Congrégations religieuses, rue Albert, Sainte-Cunégonde

L’asile des vieillards des Petites Soeurs des Pauvres

Bien qu’il soit situé au 1800 boulevard René-Lévesque ouest, l’ancien asile des vieillards des Petites Sœurs des Pauvres  lui tourne le dos.

Sa façade surplombe plutôt la falaise Saint-Jacques et l’autoroute. On y accède par la rue Joseph-Manseau mais cela n’a pas toujours été le cas.

L’accès à la propriété s’est fait par la rue des Seigneurs qui rejoignait le boulevard Dorchester (boulevard René-Lévesque) jusqu’au moment de la construction de l’autoroute Ville-Marie.

Cet accès disparaîtra au moment de la construction de la bretelle d’accès à la rue Guy.

Asile des vieillards des Petites Soeurs des Pauvres

BAnQ. Albums de rues E.-Z. Massicotte

L’œuvre de Jeanne Jugan

La congrégation des Petites Sœurs des Pauvres a été fondée en France en 1839 par Jeanne Jugan (1792-1879) à Saint-Servant, un petit village de Bretagne.

Les Petites Sœurs qui se sont établies à Montréal en 1887, achetèrent le 12 janvier 1889 un terrain situé en retrait de la rue Dorchester (boulevard René-Lévesque) dont l’accès se faisait par la rue des Seigneurs.

Le site était important de par sa position dans le haut de la falaise Saint-Jacques qui permettait une vue en plongée sur le secteur industriel du canal de Lachine, et du pont Victoria.

Elles y firent construire en 1892-93 un asile pour 80 personnes âgées, une douzaine de religieuses et une chapelle selon les plans de l’architecte Casimir Saint-Jean (1864-1918).

1915. Plan de Montréal indiquant l'emplacement de l'asile des vieillards des Petites Soeurs des Pauvres

Cliquez sur le plan pour l'agrandir

Des ajouts furent effectués de 1907 à 1935 par l’architecte Joseph Sawyer qui a réalisé les plans de nombreux immeubles résidentiels en rangée dans les quartiers en développement de Montréal, notamment rue Souvenir et rue des Seigneurs.

Ses bureaux étaient situés dans sa résidence de la rue Guy.

Asile des vieillards des Petites Soeurs des Pauvres

Portail de l'asile des vieillards des Petites Soeurs des Pauvres

Le couvent fut agrandi à nouveau en 1951-52. Les sœurs l’ont occupé jusqu’en 1956. Elles ont quitté les lieux pour emménager dans un nouveau bâtiment répondant mieux à leurs besoins au 5605 rue Beaubien est.

Le site a accueilli ensuite de 1957 à 1969 l’institut Chaumont pour enfants épileptiques des Sœurs Grises, des groupes sociaux, une école privée, Centraide et Hyperchip, une compagnie de réseautage informatique.

Rue Dorchester en 1970

On distingue à droite l'asile des vieillards des Petites Soeurs des Pauvres en 1970, avant la construction de l'autoroute Ville-Marie

La réhabilitation du bâtiment

Le bâtiment qui a été acheté en 2004 par le Groupe Pacific est inoccupé depuis plusieurs années malgré le fait que deux projets résidentiels aient été envisagés pour le site.

Un premier projet de condos avait été conçu en 1991-92 selon les plans l’architecte Dan Hanganu.

Le Groupe Pacific, a présenté en 2008 un projet résidentiel de 400 unités de logement qui incluait la restauration du couvent et qui a fait l’objet de consultations publiques.  Aucun des projets n’a été réalisé.

Proposition pour le projet du 1800 boulevard René-Lévesque ouest par le Groupe Pacific

Proposition du Groupe Pacific pour le projet du 1800 boulevard René-Lévesque ouest 2008

Sources

  • J. A. Perron et Gaspard Dauth. Le diocèse de Montréal à la fin du dix-neuvième siècle. p. 282 à 285. Adresse URL.
  • Marie Lessard, présidente du conseil du Conseil du patrimoine de Montréal. ICOMOS 2008. Présentation dans le cadre du colloque: Conserver l’esprit du lieu. Québec, 2 octobre 2008. Adresse URL.
  • Étude de Louis Brillant, architecte. Ancien Asile des Vieillards des Petites Soeurs des Pauvres. Étude patrimoniale des bâtiments situés au 1800 boulevard René-Lévesque à Montréal. 8 mai 2006. Adresse URL.
  • Présentation « Le 1800 boulevard René-Lévesque Ouest », Groupe Pacific, Menkès Shooner Dagenais Letourneux Architectes, 20 février 2008. Adresse URL.
  • Secteur Haut de la falaise, Grand répertoire du patrimoine bâti de Montréal. Adresse URL.

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Classé dans Arrondissement Ville-Marie, Congrégations religieuses, rue des Seigneurs

La synagogue Beth Hamedrash Hagadol

Au début du 20ème siècle à Montréal, la communauté juive était constituée principalement de Juifs ashkénazes qui venaient d’Europe de l’est.  Ils s’illustraient principalement dans l’industrie du vêtement et dans le commerce.

Les Juifs étaient alors surtout établis au nord de la rue Sherbrooke, dans l’axe du boulevard Saint-Laurent qu’on surnomme la Main. En 1911, des 55 860 personnes habitant le district Saint-Laurent, 19 193 étaient de religion juive (Réf.).

On semble souvent oublier que la communauté  juive était aussi présente dans d’autres quartiers de Montréal. Par exemple, en 1911, on dénombrait 841 Juifs dans le district Sainte-Anne, 484 dans le quartier Saint-Joseph, 102 dans Sainte-Cunégonde,  50 dans Saint-Henri et 54 dans Saint-Gabriel ce qui totalise quand même plus de 1500 personnes (Réf.).

Leur nombre justifiait l’établissement d’une synagogue à proximité.

 Une synagogue, rue Notre-Dame ouest

Synagogue Beth Hamedrash Hagadol

La synagogue Beth Hamedrash Hagadol, rue Notre-Dame ouest. Vers 1925

En 1890, la Calvin Presbyterian Church s’établit rue Notre-Dame, un peu à l’ouest  de la rue des Seigneurs, à côté du  magasin E. Cavanagh & Co.. On peut d’ailleurs voir le nom du magasin sur le mur de l’immeuble à la droite de la photo.

La mention de l’église apparaît dans les annuaires Lovell  jusqu’en 1918. La congrégation s’associera éventuellement à la Westminster Presbyterian Church de l’avenue Atwater pour former la Calvin Westminster Presbyterian Church et quittera le temple de la rue Notre-Dame.

Plan indiquant l'emplacement de la synagogue Beth Hamedrash Hagadol

Plan indiquant l’emplacement de la synagogue Beth Hamedrash Hagadol

La synagogue Beth Hamedrash Hagadol occupera  les lieux de 1918 à 1945. Étrangement,  aucun des livres que j’ai consultés sur l’histoire de la communauté juive de Montréal n’en fait mention.

Pourtant, en consultant les annuaires Lovell, on remarque beaucoup de noms d’origine juive. On trouve par exemple, rue Notre-Dame, entre les rues Versailles et Richmond les noms suivants: B. Abramson, B.Caplan, H. Shapiro & Co., O. Levine, Max Bernstein, Max Berenstein, Sam Leibovitz, A. Klein, H. Caplan & Co., H. Solomon & Co. et plusieurs autres.

Après la fermeture de la synagogue, la Montreal Milk Association s’installera dans l’édifice, vraisemblablement de 1945 à 1959.

Le bâtiment n’existe plus. Le terrain sur lequel la synagogue était érigée fait maintenant partie du parc des Meubliers.

Par contre, le nom Beth Hamedrash Hagadol Tifereth Israel a été repris par une autre congrégation qui s’était établie dans Côte des Neiges de 1954 à 1985.

Sources

  • La rue Notre-Dame et ses intersections. Site web de la Ville de Montréal. Adresse URL.
  • William Henry Astherton. Montreal, 1535-1914. S. J. Clarke, éditeur. Montréal, 1914, p. 289. Adresse URL.
  • Site web des archives du congrès juif canadien. Adresse URL.

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